LES PARADOXES DU COACHÉ

Dernière mise à jour : 2 août

Le coaching de vie est un processus de changement au cours duquel le coach accompagne le coaché vers son objectif. Le coaché est confronté à un paradoxe entre sa volonté de changement et le maintien de son équilibre. D’un côté, il sait qu’il doit fonctionner différemment pour surpasser ses difficultés mais de l’autre côté, il ressent le besoin de rester dans ce qu’il connaît et ce qui est confortable pour lui. Le coaché est comme un funambule qui doit accepter le déséquilibre pour progresser sur le fil de son objectif et le coach joue le rôle du filet de sécurité qui va permettre au coaché de se sentir en confiance, de prendre des « risques » et d’aller plus loin qu’il ne l’aurait fait par lui-même. Il est évident que personne n’aime se sentir en difficulté mais il est nécessaire d’accepter d’être provisoirement déstabilisé, d’accepter une forme de frustration passagère pour avancer vers ce qui est important pour nous.


Un autre paradoxe tient au fait que les résistances au changement peuvent venir autant d’une peur de l’échec que d’une peur de la réussite. Alors que la peur d’échouer parle à la plupart d’entre nous, la notion de peur de la réussite est parfois plus difficile à cerner. Cette peur de réussir se nourrit des conséquences présupposées pour le coaché lorsqu’il s’imagine être débarrassé de ses difficultés. Bien entendu, il va penser consciemment que ce serait génial de ne plus subir les conséquences de son problème, mais inconsciemment il peut percevoir les choses d’une toute autre manière. En effet, que va-t-il se passer alors ? Quels changements pour lui et pour les autres autour de lui ? Que va-t-il attendre de lui-même une fois libéré de son problème, que vont attendre les autres de lui ? Qu’en est-il de toutes ces choses auxquelles il n’avait pas accès jusqu’à maintenant ? Est-il prêt pour ces nouveaux défis, cette nouvelle vie et tout cet inconnu ? Autant de questions qui peuvent rendre la peur de réussir tout aussi limitante que la peur de l’échec.


C’est en raison de ces paradoxes que le processus de coaching n’est pas linéaire mais comprend des phases de progrès et des phases de stagnation, voire de retour en arrière. Au cours des phases de progrès, le coaché va pouvoir mettre en pratique ses apprentissages et expérimenter de nouveaux comportements qui vont être à l’origine de résultats nouveaux et positifs pour lui. C’est souvent une phase euphorique où l’on découvre avec enthousiasme qu’une nouvelle façon de penser et d’agir est possible et qu’elle offre plein de nouvelles perspectives. Le coaché va également connaître des phases de « régression » au cours desquelles les vieilles habitudes vont ressurgir et le ramener à ses anciens fonctionnements. C’est une phase plutôt inconfortable où l’on se rend compte que les nouveaux schémas ne sont pas encore ancrés et qu’il faut rester vigilent pour ne pas retomber dans « ses travers ». C’est aussi une phase intéressante qui permet de mettre à jour certains obstacles une fois confronté à la réalité. C’est ce retour d’expérience qui va orienter le travail de coaching à venir et notamment le choix des ressources à développer. On peut représenter ce processus d’évolution par une boucle qui se répète de son point de départ jusqu’au point d’arrivée :



Le coach va permettre au coaché de se confronter à la réalité avec une nouvelle perspective, de faire ses propres expériences, tout en s’assurant que le coaché garde confiance en lui et en ses capacités à atteindre son objectif. Le regard extérieur et objectif du coach va également favoriser la prise de conscience des progrès qui ont été réalisés. En effet, les nouveaux challenges qui se présentent au coaché dans son processus d’évolution peuvent l’amener à penser qu’il n’avance plus mais lorsque ce qui posait problème auparavant n’est plus une difficulté, c’est une belle progression ! Le coach ne manquera pas de rappeler et de valoriser ce qui a déjà été accompli.

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